La 3ème révolution agricole

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Tous les secteurs d’activité sont en révolution. A quelle révolution s’attendre pour le secteur de la production agricole et de la distribution alimentaire ?

Le secteur de la production agricole a connu sa première révolution grâce à la mécanique. Via la machine, les rendements agricoles ont progressivement explosé et le coût du travail a diminué. On a pu produire plus à moindre coût.

Plus tard, dans la foulée de la deuxième révolution industrielle qui doit tout au pétrole, la chimie est venue soutenir la mécanique en dopant littéralement les rendements.

Ces deux cycles de croissance arrivent à bout de course. La mécanique ne permet plus que de réduire la pénibilité du travail de l’unique exploitant agricole et la chimie est la cause d’impacts négatifs avérés sur l’environnement.

Les perspectives d’évolution reposent désormais sur les avancées liées à la génétique et aux nouvelles technologies. Grâce aux semences modifiées, l’alternative à la chimie et ses nuisances sur l’environnement est toute trouvée. Grâce aux nouvelles technologies (gps, domotique, imagerie satellite, …) les tracteurs rouleront seuls, les entrepôts se géreront automatiquement, les récoltes se feront à l’optimum de rendement de chaque parcelle.

Toutes ces évolutions sont la poursuite du modèle de croissance économique né de la deuxième révolution industrielle et basé sur des schémas de production de masse et centralisé, sur un pouvoir décisionnel hiérarchisé et sur l’infrastructure routière comme principale voie de communication.

Or, la troisième révolution industrielle est en marche. Nous allons vers des modes de production décentralisés, vers un système de pouvoir décisionnel latéral, vers internet comme principal mode de communication. Regardons le secteur des médias où tout un chacun est devenu photographe de presse d’un jour grâce à son smartphone. Où Facebook véhicule plus d’informations et plus vite que la somme de toutes les télés nationales. Regardons le secteur de l’énergie où les unités de production sur et dans les maisons individuelles se multiplient. Regardons le secteur de l’industrie où Lego revoie sa stratégie en investissant dans les parcs d’attractions et le cinéma puisque sur la production ils seront bientôt concurrencés par les imprimantes 3D qui permettront à chacun de créer ses propres blocs.

L’agriculture n’échappera pas à cette révolution. Elle va se réinventer autour du web comme principal vecteur de communication. Autour de petites exploitations familiales comme autant de mini-sites de production décentralisés et inter-connectés. Autour d’une transparence totale et d’un rapprochement direct entre le client et le producteur comme conséquence de l’avènement du pouvoir latéral.

Les conséquences directes de cette révolution ? Le producteur prendra le pas sur le distributeur dans sa relation avec le client. Le distributeur se mettra au service du producteur pour lui vendre des prestations administratives et logistiques. Le Web sera le principal canal de vente et d’organisation permettant de gérer en flux tendu l’offre et la demande, le transport et les échanges monétaires. Il s’en suivra une augmentation de la qualité de production (le producteur pouvant se concentrer sur cette seule activité en en maîtrisant tous les aspects et sous pression directe du client), une réduction du prix des produits de par une optimisation de la logistique, de nouvelles machines-outils, une création d’emplois agricoles grâce à la qualité et la transparence qui renforceront l’acceptation par le client de payer un prix juste.

Utopie ? Ce qui est sûr, c’est que cette révolution est déjà en cours.

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